Aujourd’hui, j’ai choisi d’interviewer une professeure qui a passé 4 ans dans un collège-lycée en Polynésie française. Elle nous parle de la préparation de son voyage, de ses impressions, de la vie sur place, de ses expériences…

- Comment as-tu préparé ton départ pour cette nouvelle vie ?
Tout d’abord, pour trouver une maison, j’ai regardé les petites annonces envoyées par mes collègues déjà sur place. Les professeurs en Polynésie déménagent au bout d’un an pour quelque chose de mieux et donc libèrent des maisons qu’ils proposent aux nouveaux arrivants. Vous remarquerez vite qu’il existe deux marchés de l’immobilier : un pour les locaux et un pour les Français, où les loyers sont plus chers.
Dans les îles, on habite plutôt dans des maisons que dans des immeubles : des farés.

J’ai eu recours à une caisse maritime pour le déménagement. Pour les professeurs, nous avons droit à un certain nombre de mètres cubes pour pouvoir être remboursés. Ainsi, il faut emporter uniquement le minimum : des vêtements et de quoi travailler. Les maisons sont louées meublées, avec l’électro-ménager.
Je suis partie avec deux enfants, un bébé et une fille de 6 ans : il ne fallait rien oublier pour eux : la chaise haute, le lit parapluie, les jouets….
Ensuite, une fois que l’on connait sa mutation sur telle ou telle île, il faut se renseigner sur les conditions de vie, car elles ne sont pas identiques selon les îles.
Enfin évidemment, il faut penser aux papiers administratifs, à la visite médicale obligatoire et à ce que l’on va faire de sa maison actuelle ou de ses meubles.
Pour vous informer plus particulièrement sur votre arrivée, vous pouvez aller sur les deux sites suivants : DGEE: https://www.education.pf/nouveau-arrivant/ et snespf.pf où il y a livret d’accueil: http://www.snespf.pf/site/#
- Comment l’arrivée sur place s’est-elle passée ?
Pour l’arrivée, il faut savoir que l’on ne choisit pas son jour de vol. L’administration envoie les billets pour toute la famille qui part avec un vol imposé. Nous sommes plusieurs familles dans l’avion et nous sommes attendus par la DGEE (Direction générale de l’éducation et de l’enseignement) qui te remet des papiers, te fait assister à une réunion de formation puis te remet sur un vol pour ton île si tu ne restes pas à Tahiti.
Ensuite, quand tu arrives sur ton île, on t’accueille, comme le veut la tradition avec un collier de fleurs. Puis, soit tu te débrouilles seul, soit la personne qui t’a loué la maison va venir te chercher, ou bien tu as un collègue sympa qui vient. L’arrivée est conforme au rêve que l’on se fait de la Polynésie française.
La deuxième étape de l’arrivée va être de trouver une voiture. Souvent, les Français de métropole (Popa’a) qui repartent mettent leur voiture à vendre et quelqu’un te la vend sur place.

- As-tu vécu un/des choc(s) culturel(s) ?
Le choc culturel arrive quand on commence à travailler. On remarque la différence de niveau entre les élèves polynésiens et métropolitains, entre ceux qui parlent français et ceux qui le parlent moins bien, car ce n’est pas leur langue maternelle.
De plus, selon l’île, il n’y a pas de cinéma, pas de librairie, pas de bibliothèque, pas de théâtre, il y a donc moins de possibilités de sortie culturelle qu’en France.
Enfin, le rythme de vie est beaucoup plus lent qu’en France. La vie se passe aussi beaucoup plus à l’extérieur.

- Quel a été ton plat favori ? As-tu eu d’autres coups de cœur culinaires ?
Pour moi, la nourriture n’a pas été un choc culturel ! Mon plat préféré a été le poisson cru ! Sinon, j’ai beaucoup aimé le poisson à la vanille, le po’e (plat à base d’amidon, de lait de coco, et de compote), le pain coco, les firi-firi (des beignets), du ragoût de uru et pua’atoro, et les fei (qui sont des bananes à cuire).

- Pourrais-tu citer des expériences hors du commun que tu as vécues ?
J’ai pu nager avec des dauphins à Moorea. Un hôtel s’occupe de sauver les dauphins en danger et durant leur séjour, et te donne l’occasion de nager avec eux, sous surveillance d’un guide.
Après ce n’est pas tant sur les expériences que j’ai envie de mettre l’accent, mais plus sur la beauté des paysages que j’ai visités, des hôtels magnifiques dans lesquels j’ai pu aller… Ce sont des voyages que je n’aurais jamais pu faire autrement qu’avec cette mutation.
- Aurais-tu des visites qui t’auraient marquées ?
Les voyages où j’ai été hébergée dans une pension de famille ont été très marquants pour moi. C’est l’occasion d’être auprès des habitants, d’avoir des expériences familiales. De plus, les locaux ont une autre approche avec les Français qui restent pour longtemps ou qui vivent sur place. Le bouche-à-oreille fonctionne aussi beaucoup pour être conseillé sur la pension de famille à réserver.
À Maupiti, j’ai eu l’occasion d’être dans une pension de famille, d’avoir la plage pour moi toute seule. C’était une très belle expérience.


- Qu’as-tu ressorti de cette expérience ?
Je vais commencer par le côté négatif afin de rester ensuite sur du positif.
Dans un premier temps, j’aimerai signaler que je ne me suis jamais sentie chez moi. La manière de vivre, la chaleur, les cafards… ça n’est jamais rentré dans mes habitudes. Il est difficile de s’intégrer sachant que tu es là que pour 4 ans maximum.
Cependant, les Polynésiens ont toujours été très gentils, j’ai encore d’ailleurs des nouvelles d’amis. Cette expérience a été très enrichissante humainement et m’a permis de découvrir des paysages merveilleux.
- Peux-tu nous décrire le rythme de vie ?
L’école commence à 7 h 30 le matin. Le jour se lève tôt donc tu commences à travailler tôt. À 19 h, il fait nuit donc tu te couches aussi plus tôt le soir. Les cours finissent à 15 h 30, ce qui laisse le temps… de travailler. Eh oui, contrairement à la pensée qu’on se fait du paradis, je ne passais pas la plupart de mon temps à la plage, mais plutôt dans mon bureau à travailler.
Le calendrier scolaire est aussi différent. Il y a un mois de vacances à Noël et l’été. La rentrée débute donc début août.
- Si tu devais choisir d’habiter de nouveau à l’étranger, le ferais-tu ?
Oui, pourquoi pas. Mais je n’ai pas souhaité repartir directement après, car les enfants ont accumulé un retard scolaire qu’il a été difficile de rattraper une fois de retour en métropole.









